L’histoire de l’ours qui créer de la résistance et du surfeur qui maîtrise le buffet
Je vous partage l’histoire d’une cliente rencontrée dernièrement puisque c’est assez courant et classique. On peut probablement tous en tirer des leçons.
Son histoire
Une femme dans la cinquantaine, organisée, disciplinée. « Achiever de type A ». Elle pèse, calcule, restreint, jeûne. Chaque matin, la balance. Chaque jour, une bataille.
Voici ces mots directement “C’est une bataille quotidienne, mais là, ça m’obsède à tous les jours.”
Elle refuse d’acheter du linge plus grand. Elle se juge. Elle se compare. Elle essaye de tout contrôler dans son environnement chez elle, mais si elle sort, elle “tombe dans le buffet” (ses mots) puis s’en veut pendant 48h.
Rétention d’eau le lendemain.
3 livres de plus sur la balance.
Sentiment d’injustice.
Dans ses objectifs, elle mentionne qu’elle veut perdre 30 livres et ensuite faire la paix avec la bouffe pour arrêter de faire du yo-yo.
Jeûne intermittent (marchait avant, pus pantoute maintenant). Même chose pour le kéto. Restriction calorique. Hormones bio-identiques qui n’ont rien changé à part lui faire prendre encore plus de poids (ses mots). Comptage. Discipline pure.
Plus elle serre la vis, plus le corps tient bon.
Plus elle se déteste pour ses binges, plus les binges reviennent.
Beaucoup de stress dans les dernières années. C’est assez classique. La vie moderne est de plus en plus « débile ». Si nos habitudes tiennent uniquement dans des conditions parfaites, ça devient difficile.
La question que je lui pose après son histoire : «Ça se pourrais-tu que ton corps ne se sent pas safe ?».
Elle me regarde avec un air de chevreuil figer au milieu de la rue.
J’ajoute : « tu as passer 4 ans à contracter contre des stress réels de la vie que tu ne contrôlais pas. Ensuite, tu ajoutes restrictions, surveillance constante, mentalité de combat, jugement, obsession et culpabilité en pensant que c’est toi qui manques de toughness».
Regard de chevreuil… Pause…
Elle dit : «Ben oui. C’est exactement ça.»
Un système nerveux programmé pour la survie
Notre système nerveux est une machine à gérer un budget énergétique et il s’est entraîné de cette façon depuis près de 300 000 ans. Il est optimisé pour survivre et se reproduire. C’est tout. Juste ça.
Nos mitochondries scan l’environnement y compris nos pensées, interprètes les signaux physiologiques via la neurotransmission, les hormones, etc. pour optimiser la survie. De façon simplifié, il détermine si c’est sécuritaire d’être en mode croissance/réparation ou en mode survie/économie d’énergie. Si tu essayes de te battre contre ça, tu vas perdre même si tu es une femme « achiever » qui obtiens ce qu’elle veut dans la vie.
Regard de chevreuil… Pause… Elle dit : « c’est pas mal l’histoire de ma vie ».
Première suggestion : Va t’acheter un peu de linges (pas trop) pour te sentir bien et tu peux serrer ta balance pour l’instant. Met ton attention sur ce que tu contrôles (tes actions). Quand tes actions sont bonnes peut importe le résultat, il doit y avoir de la vraie fierté.
Je vous épargne le reste des suggestions. C’est le genre d’ajustement qui se travaille en consultation, sur mesure selon chaque personne.
Faire la paix avec la bouffe?
Deuxième point. Elle mentionne « je veux faire la paix avec la bouffe ».
Réponse : Oublie ça! C’est impossible.
Regard de chevreuil…
Il y a un concept qui se nomme la « optimal foraging theory » qui dit que notre biologie s’est entraînée pour entrer le max de calories pour le moins d’effort. Notre vie en dépendait. Ce n’est pas une p’tite affaire. C’est de la programmation de survie.
99,8% de l’histoire humaine s’est passée dans la rareté. L’abondance réel est présente depuis 50 à 70 ans maximum. Jamais on ne s’est entraîner à se retenir.
La survie, c’est le max de calories maintenant dans le présent. C’est pour ça que d’un point de vue évolutionnaire, un sac de chips devant la TV c’est payant (beaucoup de kcal pour peu d’effort). Ce n’est pas seulement un manque de discipline.
Ensuite, les réseaux sociaux envois comme message « Tu es faible. Arrête de bouffer tes émotions et bouge tes fesses ». « D’autres sont capable mais pas toi ». Culpabilité = impuissante = budget énergétique qui favorise la survie = plus de chips devant la TV.
Les ours qu'on engraisse soi-même
La vie moderne place des ours (stress) à côté de nous. Si on n’est pas au courant, on se met à nourrir les ours pour les engraisser. On créer de la résistance, on amplifie les signaux de survie.
Ce circuit ne s’éteint jamais. On peut baisser le volume, mais pas couper le son. Donc, quand je lui ai dit au début « oublie ça, c’est impossible », c’était interrompre le pattern.
Faire la paix, c’est baisser le volume. C’est difficile d’être en mode croissance pour nos cellules avec des ours qu’on engraisse nous même à côté de nous en permanence.
On ne fait pas la paix avec ce programme. On apprend à le comprendre. Avec la compréhension vient le fait de le voir en temps réel. Quand on le voit en temps réel, on peut observer la vague sans se noyer.
Viser la maîtrise du surf, pas la paix
On arrête de viser la paix. La nature ne fonctionne pas comme ça. On accepte que l’on vît dans un monde déphasé de notre biologie, qu’on ne peut pas négocier (se battre contre) et on vise la maîtrise du surf. La vague va toujours venir.
Quand on devient un bon surfeur, on peut affronter n’importe quelle vague et n’importe quel buffet (la vie chaotique et moderne).
#onnepeutpasnégocieraveclanature
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