La réponse du danger cellulaire : un nouveau paradigme pour la naturopathie?

Rédigé par Danik Legault

J’aimerais proposer un article différent (pas un article lourd avec 75 études en références). Un article qui raconte une histoire (la nôtre). Cette histoire débouche vers le concept de la réponse de danger cellulaire. C’est une perspective parmi d’autres et je crois qu’elle est importante puisqu’elle a le pouvoir de changer la façon dont on perçoit la vitalité et même notre pratique naturopathique.

Un peu d’histoire en débutant littéralement par le début

La Terre a environ 4,5 milliards d’années, et le dernier ancêtre commun unicellulaire connu, appelé LUCA, vivait il y a environ 3,9 milliards d’années. C’est supposément l’organisme dont toute la vie sur Terre est issue.

À partir de LUCA, nous obtenons deux types d’organismes unicellulaires : les bactéries et les archaea. Il a été découvert dans les années 1990 qu’ils n’étaient pas identiques sur le plan technique. Ils avaient des fonctions et des avantages qui pourraient bénéficier à l’autre, et ils se sont donc regroupés. C’est ainsi que nous obtenons une cellule eucaryote. Une cellule eucaryote est ce dont tous les animaux, plantes et champignons sont constitués.

Lorsque la planète Terre est née et que la vie sur Terre est apparue, il y avait peu ou pas d’oxygène dans l’atmosphère. Ensuite, ce qui s’est passé, c’est que cette cyanobactérie vivant dans l’océan a développé un moyen de prendre du dioxyde de carbone de l’atmosphère et, avec l’ajout de lumière solaire, de produire de l’oxygène et des sucres. Lorsque cela s’est produit, les niveaux d’oxygène sur Terre ont commencé à augmenter, et l’oxygène était vraiment toxique, de sorte que la plupart de la vie sur Terre à cette époque a disparu lors d’une énorme extinction de masse. Il y en a eu quatre autres par la suite et nous sommes supposément, selon certains, dans la sixième actuellement, mais c’est un sujet pour une prochaine fois peut‑être.

Toute forme de vie qui devait survivre devait trouver un moyen de ne pas trouver l’oxygène trop toxique, ou mieux encore, de pouvoir l’utiliser pour produire de l’énergie.

Après l’apparition des cellules eucaryotes, il y a environ 1,5 milliard d’années, nous voyons le développement d’organismes multicellulaires simples, il y a environ 700 millions d’années.

Ensuite, des organismes multicellulaires plus sophistiqués apparaissent il y a environ 500 millions d’années, suivis par les vertébrés, qui marquent une étape importante de notre évolution.

Environ 250 millions d’années plus tard, les mammifères font leur apparition, et finalement, il y a seulement 300 000 ans, soit pratiquement hier à l’échelle de l’évolution, les humains apparaissent.

Voici une belle illustration d’un « arbre de vie » qui démontre non seulement l’évolution mais aussi un exemple de l’une des lois de la nature qui est l’interconnexion de tout :

« L'ontogenèse récapitule la phylogenèse » – Ernest Haeckel autour de 1904

En termes plus simples, je dirais que l’idée de base d’Ernest est : Ce qui se passe en petit répète ce qui s’est passé en grand.

Ontogenèse est la façon dont un individu se développe, de la cellule‑œuf à l’adulte. Phylogenèse est l’histoire de l’espèce tout au long de l’évolution. Donc, Haeckel mentionnait que le développement de l’individu répète l’évolution de l’espèce (l’arbre de vie plus haut).

Le développement d’un organisme individuel répète les principales étapes de l’histoire évolutive. On peut le constater en observant le développement des organismes, qui passent par des étapes très similaires à des étapes beaucoup plus anciennes de l’évolution. Par exemple, l’embryon humain a d’abord une petite “queue” et des fentes comme des branchies qui sont un souvenir de nos ancêtres mammifères aquatiques.

L'interconnexion du vivant : des gènes aux niveaux de conscience

Chez Ken Wilber, tout élément vivant ou conceptuel est un « holon » : à la fois un tout complet et une partie d’un tout plus grand. Chaque nouvelle couche intègre et dépasse la précédente comme dans les niveaux d’organisations : atomes →  molécules →  macromolécules →  organelles →  cellules →  tissus →  organes →  systèmes →  organismes que l’on pourrait prolonger aux collectivités et à la planète entière.

Ce modèle rejoint l’idée d’Haeckel. Autrement dit, l’histoire du petit est encodée dans le grand, et chaque niveau conserve la mémoire fonctionnelle de ceux qui l’ont précédé.

C’est pour cela que nous partageons :

  • 99 % de nos gènes avec les chimpanzés et les bonobos
  • 90 % de nos gènes avec les vaches
  • 80 % de nos gènes avec les chats
  • 70 % de nos gènes avec les souris
  • 60 % de nos gènes avec les mouches à fruits
  • 50 % de nos gènes avec les bananes et certains champignons

Le même concept de « holon » de Wilber ou d’ontogenèse qui récapitule la phylogenèse de Haeckel se vérifie aussi dans la progression des niveaux de conscience décrits par Clare Graves et affinés par Susan Cook‑Greuter. Chaque stade est un tout cohérent qui englobe et dépasse le précédent.

Voici un résumé des stades :

  • Mode “survie” (impulsif, couleur Beige) centré sur les besoins immédiats
  • Tribal/Pourpre, où la sécurité dépend du clan
  • Pouvoir/Rouge impose la force individuelle
  • Règle/Bleu cherche l’ordre et la morale partagée
  • Succès/Orange mise sur la science, le progrès et la performance
  • Communauté/Vert valorise l’empathie et l’inclusion
  • Systémique/Jaune intègre les paradoxes dans une vision globale
  • Holistique/Turquoise perçoit l’interconnexion de tous les systèmes.

Cook-Greuter détaille ces mêmes étapes du moi (Diplomat, Expert, Achiever, Strategist, Alchemist, etc.) en montrant comment le sens de soi se complexifie à chaque seuil. On observe ce schéma autant chez l’individu dans sa maturation personnelle que dans les cultures et les organisations, qui montent elles aussi ces marches évolutives.

Résumé des stades de la spirale dynamique (source : Wikipédia)

Ce sont des sujets fascinants et, si c’est nouveau pour vous, je vous invite à explorer la théorie intégrale de Ken Wilber, la spirale dynamique de Clare Graves ou encore les travaux de Susan Cook-Greuter.

Qu'est-ce que la Cell Danger Response (CDR)?

Maintenant que la table est mise, que l’on comprend l’interconnexion en partie qui intègre la précédente autant en biologie qu’en conscience et autant dans l’individuel que le collectif, on peut revenir à notre cellulaire, au concept de la réponse de danger cellulaire et à comment une cellule se comporte pour faire face aux dangers.

Lorsque la cellule est stressée, elle doit retourner « en enfance » avant de renaître.

Dans la première étape, elle se comporte à nouveau comme un organisme unicellulaire, similaire à une archée qui n’aime pas l’oxygène. Ensuite, elle progresse et devient plus semblable à une cellule eucaryote.

Enfin, elle adopte une identité un peu plus similaire à un organisme multicellulaire. À mesure qu’elle continue d’évoluer, elle peut finalement réintégrer le réseau (communication cellulaire) et retrouver son identité en tant que cellule qui fait partie de tissus, d’organes, etc.

Les origines du concept

La Cell Danger Response (CDR) (Réponse de danger cellulaire) est née des travaux du biochimiste et clinicien américain Robert K. Naviaux (https://naviauxlab.ucsd.edu/). Dès 2012, il montre que les mitochondries libèrent de l’ATP extracellulaire pour signaler un danger cellulaire.

En 2014, il formalise le terme CDR dans Mitochondrion (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23981537/), puis détaille les trois phases (CDR1-2-3) et leur lien avec plus de 100 maladies chroniques dans Seminars in Pediatric Neurology (2016).

Depuis, le concept s’est enrichi : Martin Picard (Columbia) cartographie les « comportements » mitochondriaux, Douglas Wallace confirme la dimension évolutive, et des équipes comme celles de Chris Armstrong (Stanford) et Avindra Nath (NIH) l’appliquent au long-COVID et aux encéphalopathies.

La CDR est aujourd’hui plutôt acceptée dans la recherche mitochondriale et l’immunométabolisme. En une décennie seulement, la CDR est devenue une grille de lecture intégrative du stress cellulaire et de la chronicité.

Les déclencheurs : le « big 4 »

La CDR est une réponse de survie ancestrale déclenchée lorsque la charge allostatique (l’ensemble des stresseurs) dépasse la capacité de résilience de la cellule ; les mitochondries laissent de l’ATP sortir des cellules pour avertir les autres cellules et déclencher la CDR.

Je ne vous apprendrai rien en disant que ce n’est jamais « un » coupable unique ; c’est le mode défense de l’organisme qui reprogramme, en cascade, tout le métabolisme.

Il y a probablement quatre grandes catégories de déclencheurs que je nomme affectueusement « that big 4 » :
Infections (bactériennes, virales, parasitaires, etc.)
Toxines environnementales (métaux lourds, pesticides, POP’s, PFAS, EMF, etc.)
Stress physique ou émotionnel
Traumatisme (les mitochondries ont une mémoire pouvant aller jusqu’à 50 générations : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34341532/)

Lorsque la CDR se déclenche, la cellule va détourner volontairement nutriments, hormones, lipides, etc., pour se protéger et lancer la réparation. Elle retourne en enfance pour repasser les stades de développement et regagner son statut holistique et contribuer au tout en tant qu’« holon ».

Quand la CDR reste coincée et n’avance plus dans ses trois phases (CDR1, CDR2, CDR3), elle pourrait créer, selon la théorie, la plupart des conditions chroniques que l’on connaît aujourd’hui.

La pyramide métabolique de Naviaux

L’image ci-haut de Naviaux (pubmed) montre le système d’alerte métabolique de la cellule comme une pyramide qui remonte le temps de l’évolution.

Au bas, on retrouve la glycolyse primitive des toutes premières bactéries (-3,5 milliards d’années) : c’est la phase 1 de la Cell Danger Response (CDR).

Plus haut apparaissent la respiration aérobie et les premières mitochondries (-1,5 milliard d’années) : phase 2.

Au sommet, les fonctions sophistiquées des organismes multicellulaires, régulées par le système nerveux et les rythmes circadiens, correspondent à la phase 3 et à l’état de santé.

Lorsqu’un stress dépasse la capacité d’homéostasie, la cellule libère de l’ATP à l’extérieur (eATP) : à forte dose, cet eATP « coupe le courant » des étages supérieurs et la cellule redescend vers la glycolyse ancestrale ; à dose moyenne, il bloque seulement la phase 3 ; à faible dose cyclique, il stimule la remontée vers la santé.

Voici certains des changements métaboliques observés au déclenchement de la CDR :

  • Chute de voltage : le flux d’électrons ralentit, la production d’ATP baisse, le potentiel redox s’affaiblit.
  • Consommation d’oxygène : diminue à l’extérieur de la cellule, augmente à l’intérieur ; la respiration se dérègle et les ROS montent.
  • Oxydation interne : le stress oxydatif grimpe pour former un « bouclier » contre d’autres dégâts.
  • Virage métabolique : l’énergie est détournée vers la défense, pas vers les fonctions normales – la cellule évite de se faire « pirater ».
  • Membranes : diminution de la fluidité, paroi plus rigide, dynamiques lipidiques modifiées ; la cellule se blinde.
  • Autophagie & apoptose : ces processus augmentent pour gérer le stress et les cellules endommagées.
  • B12 / folate en chute : la méthylation de l’ADN ralentit, le glutathion (GSH) diminue ; la détox et l’antioxydation en baisse.
  • Métabolisme du soufre : la cystéine sert à fabriquer plus de sulfure d’hydrogène et de taurine ; glutathion mal recyclé, sensibilité au soufre accrue.
  • Le mauvais repliement et l’agrégation des protéines augmentent, ce qui renforce l’inflammation et élève le risque d’auto-immunité.
  • L’ATP extracellulaire (eATP) et l’ADN extracellulaire s’élèvent, déclenchant la dégranulation des mastocytes ; 1 200 médiateurs inflammatoires (histamine, prostaglandines, leucotriènes…) sont libérés.
  • Le tryptophane est détourné vers la kynurénine ou l’acide quinolinique ; ces dérivés alimentent les voies inflammatoires et épuisent la vitamine B6 ainsi que la lysin
  • Les métaux lourds sont séquestrés, ce qui perturbe les mécanismes de détoxication.
  • Le microbiote intestinal se modifie, la perméabilité de la barrière intestinale augmente si la CDR demeure coincée.
  • Les cellules voisines reçoivent le signal de danger. Économie d’énergie, fatigue.
  • La première vague de signaux de danger libère ATP, ADP, intermédiaires du cycle de Krebs, oxygène et ROS ; le tout est soutenu par la signalisation purinergique et l’activation de l’inflammasome NLRP3, avec une hausse du cortisol en réponse au stress.

Reconnaître les 3 phases de la CDR

Pour ce qui est de reconnaître les phases de la CDR chez nos clients ou de la classification, je dois avouer que c’est un peu vague. Naviaux lui-même fait un classement qui s’est modifié légèrement dans le temps. Certaines conditions peuvent probablement chevaucher plus d’une phase. Ceci dit, voici une liste qui aide à identifier la phase de la CDR pour nos clients :

CDR-1

  • Troubles de l’immunité innée
  • Allergies
  • Asthme
  • Infections chroniques
  • Syndrome de réponse inflammatoire chronique (CIRS)
  • Syndrome d’activation mastocytaire (MCAS)
  • Cystite et néphrite interstitielles
  • Chocs infectieux chroniques (Chlamydia, Bartonellose, etc.)

CDR-2

  • Diabète
  • Maladies cardiovasculaires
  • Dyslipidémie
  • Hypertension
  • Syndrome métabolique (obésité)
  • Maladies inflammatoires de l’intestin
  • Stéatose hépatique non alcoolique
  • Arthrites
  • Cancers
  • Lupus
  • Arthrite rhumatoïde

CDR-3

  • Trouble obsessionnel-compulsif
  • Psoriasis
  • Eczéma
  • Trouble de stress post-traumatique
  • Thyroïdite de Hashimoto
  • Trouble bipolaire
  • Dépression majeure
  • Migraines
  • Syndrome de tachycardie orthostatique posturale
  • Maladies neurodégénératives
  • Syndrome de fatigue chronique
  • Alzheimer
  • Parkinson’s

Le dernier tableau publié de Naviaux date de 2023 (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37120082/).

La psychologie mitochondriale

Impossible de parler de la CDR sans aborder brièvement les travaux de Martin Picard (https://www.picardlab.org/) sur ce qu’il nomme la psychologie mitochondriale.

Les mitochondries jouent un rôle dans l’interaction entre le corps et l’esprit, ainsi que dans leur sensibilité aux stress psychologiques et environnementaux.

Les mitochondries ne sont plus vues simplement comme des « usines à énergie ».

Elles jouent un rôle beaucoup plus complexe, incluant la production de signaux biochimiques et électromagnétiques.

Elles réagissent au stress, perçoivent des changements environnementaux et sont capables de communiquer entre elles et avec le reste du corps, notamment en libérant de l’ADN mitochondrial dans le sang en réponse à des menaces.

  • Naviaux parle d’eATP (extracellular ATP)
  • Picard parle de mtDNA (mitochondrial DNA)

Le mental peut influencer directement la fonction mitochondriale

En mesurant les mitochondries dans les globules blancs, Picard a démontré que les émotions positives (comme le sentiment d’amour, de proximité, de confiance) augmentaient la capacité énergétique des mitochondries, tandis que les émotions négatives (stress, rejet, colère) la réduisaient.

L’exercice physique est probablement l’une des meilleures interventions pour la santé mitochondriale.

Picard a mentionné que l’exercice peut doubler la quantité de mitochondries dans les muscles, augmentant ainsi la résilience face aux stress environnementaux.

Picard parle d’hypo- et d’hypermétabolisme, et Naviaux parle du métabolisme d’hiver et d’été !

Hypométabolisme / métabolisme d’hiver = CDR1
Hypermétabolisme / métabolisme d’été = CDR2

La modernité crée un état presque constant d’hypermétabolisme ou de métabolisme d’été.

Imagerie de mitochondries qui viennent du lab de Picard :

Réflexions naturopathiques sur la CDR

Qu’est-ce que l’on peut faire avec tout ça concrètement maintenant ? La vraie réponse est un peu décevante : j’ai quelques vagues idées tout au plus et j’ai l’impression que ces idées vont évoluer dans le temps. Je vais tout de même essayer de les partager avec vous pour le restant de l’article.

Il faut garder en tête que cela provient de ma synthèse alors, c’est à prendre avec un gros grain de sel puisque c’est difficile de savoir ce que l’on ne sait pas. Si vous êtes familier avec la CDR et que vous avez des idées différentes, je suis ouvert à en discuter.

La première chose est que j’ai l’impression que la CDR est plus complexe qu’on le pense. C’est un concept qui est encore jeune. J’ai l’impression que les phases sont plus souples et s’entrecroisent davantage. Ce n’est probablement pas 3 stades rigides et séparés.

La deuxième chose est que cet article est un bref aperçu qui est probablement une révision pour certains ou la stimulation d’une nouvelle curiosité pour d’autres. Le fait de lire (et relire) l’ensemble de la recherche sur la CDR, de faire nos propres synthèses, de pousser certains détails plus loin est probablement une bonne idée.

La troisième chose est que j’ai choisi de vous parler de ce sujet parce que je crois que c’est non seulement une perspective valable, solide, en accord avec les lois de la nature et qu’elle a le potentiel de modifier notre façon de voir le portrait global de la santé, et c’est une perspective 100 % naturopathique qui n’est probablement pas suffisamment discutée.

Je pense que c’est une perspective qui doit s’ajouter aux autres pour affiner notre compréhension du vivant et non la prendre comme une vérité pure et jeter tout le reste.

Concrètement : comment évaluer la CDR chez nos clients

Mieux on comprend la CDR, plus on est en mesure de la reconnaître chez nos clients. Qu’est-ce qui bloque la progression des phases de la CDR ? Quel est l’obstacle no. 1 qui bloque le corps dans sa progression ? Est-ce que l’on pourrait retirer l’obstacle ? On veut garder en tête la CDR lorsqu’on évalue la personne.

Ensuite, dans nos évaluations naturopathiques où l’on fait l’historique (la « timeline ») et qu’on regarde les résultats des symptômes via nos questionnaires (évaluation subjective), on peut voir les liens entre l’historique et les symptômes sous la lunette de la CDR.

C’est possible d’ajouter au besoin le questionnaire des « ACES » (Adverse Childhood Experience) pour l’aspect des traumas.

Si nous avons accès à des résultats sanguins, c’est possible d’avoir une idée de certains aspects qui pourraient déclencher/bloquer la CDR. Rappelez-vous « that big 4 ». Voici des exemples :

  • Anémie : Fer, ferritine basse, TIBC élevé, HG, HT, GR, B9, B12
  • Thyroïde : TSH, T4 libre, T3 libre, anticorps
  • Infections : GB, lymphocytes, neutrophiles
  • Digestion : Créatinine, AST, ALT, Elastase-1
  • Carences : Alc Phos, bilirubine, GGT, Mg, K, Sodium
  • Inflammation, stress oxydatif : Monocytes, CRP, ferritine élevée, GB, ESR

Soutenir chaque phase de la CDR

Soutenir la CDR1

À ce stade, la fonction cellulaire subit une menace majeure et se met en mode « arrêt ». Les clients deviennent hypersensibles et réactifs au moindre stimulus. Intolérance à l’effort, etc.

Les mitochondries passent vite à une forme pro-inflammatoire et c’est un état voulu et nécessaire de défense pour pouvoir passer à la phase 2. La CDR1 est très immunité innée.

Est-ce possible que ce ne soit pas une bonne idée ici de « détoxifier » ou de « tuer des pathogènes » ou même de tenter de diminuer l’inflammation avec de grosses doses de curcumine, boswellia, oméga 3, etc. ?

Dans la CDR1 en particulier, on veut envoyer des signaux de sécurité.

Un support de la CDR1 pourrait peut-être ressembler à ceci :

  • Alimentation plus cuite que crue et anti-inflammatoire de type AIP ou paléo ou méditerranéenne ? Manger bio, locale, en saison ?
  • Retrait de l’alcool ? Peut-être du café ou autres stimulants ?
  • Équilibrer le rythme circadien ?
  • S’exposer au soleil sans brûler la peau ?
  • Passer du temps en nature ?
  • Contact avec le sol (grounding) ?
  • Faire des siestes ? Maximiser le sommeil ?
  • Diminution de l’activité physique intense ?
  • Augmentation de la marche douce et graduellement ?
  • Diminution de l’exposition aux EMF, écrans, réseaux sociaux
  • Prendre des vacances ou être dans un environnement différent ?
  • Massage, acupuncture ?
  • Connexion sociale ? Des câlins ?
  • Filtrer l’eau, éviter les plastiques et autres toxines le plus possible ?
  • Peut-être des agents liants ? Psyllium, charbon activé, pectine, etc. ?
  • Support de l’immunité innée ? Reishi, échinacea, astragale, andrographis, shiitake ?
  • Ne pas avoir de carences en A, C, E, B6, Zinc, Fer, Cuivre, Sélénium, Magnésium
  • Phospholipides ?
  • Méditation, cohérence cardiaque, respirations diaphragmatiques, Yin yoga, pleine conscience, acceptation/observation/détachement de ce qui se passe dans le présent ?

Soutenir la CDR2

Dans la phase 2, il y a de la croissance cellulaire et de l’accumulation de biomasse pour relancer la régénération. La cellule utilise un peu mieux l’oxygène.

Les cellules perdues en CDR 1 doivent être remplacées par de nouvelles cellules fonctionnelles durant la CDR 2. L’organisme recrute des cellules souches afin de restaurer la masse et le nombre cellulaires.

Les cellules souches soutiennent la reconstruction des tissus et relancent les processus métaboliques.

Une fois les membranes réparées et les jonctions serrées rétablies (fin des « fuites » : intestin, cerveau, mitochondries), les cellules peuvent passer à la phase CDR 3. La CDR2 est une phase de réparation.

C’est ici qu’on optimise la digestion, qu’on soutient la réparation en alternant des périodes de type AMPK et mTOR.

Un support de la CDR2 pourrait peut-être ressembler à ceci :

  • Diversification de l’alimentation
  • Alternance entre alimentation en léger déficit calorique (AMPK) et en maintien calorique ou en léger surplus (mTOR) ?
  • CDR2 est associé à un hypermétabolisme ou un surplus de métabolisme d’été ; le jeûne (AMPK) pourrait être une option pour certaines personnes ?
  • Réintégration de l’activité physique graduellement ? Autant la musculation (signaux de croissance) qu’un peu d’intensité cardiovasculaire
  • Sauna/bain froid (thermothérapie) ?
  • Oméga 3/6/7/9 ?
  • Mélatonine ?
  • Berbérine
  • NAC et autres soutiens antioxydants ?
  • Support mitochondries ? CoQ10 ?
  • Carnitine ? Créatine monohydrate ?
  • Feu digestif / barrière / diversité (protocole 5R ?) : Bétaïne, enzymes, pissenlit, TUDCA, prébiotiques, colostrum, etc.
  • EAA, petit-lait ?

Soutenir la CDR3

Ici, la cellule peut retrouver sa spécialisation, relancer le remodelage tissulaire, la détoxification de façon plus importante, et les fonctions propres à chaque organe s’améliorent (à condition que cette phase se déroule correctement).

La principale source d’énergie revient à son mode le plus efficace : la phosphorylation oxydative.

Les mitochondries passent d’un état indifférencié M0 à un état M2 filamentaire anti-inflammatoire, tout en produisant davantage d’énergie.

Résultat : meilleure performance physiologique et plus grande réserve pour faire face au stress.

Un support de la CDR3 pourrait peut-être ressembler à ceci : 

  • C’est ici qu’on « ouvre la machine » et qu’on travaille à bâtir de la résilience.
  • Apprendre de nouvelles choses : danse, un instrument de musique, une nouvelle langue, un nouveau sport, etc. ?
  • Viser des objectifs qui nous sortent de notre zone de confort ?
  • Affronter nos anxiétés, développement personnel et intellectuel ?
  • Développer des passions, des hobbies ?
  • Augmenter le volume et l’intensité de l’activité physique, de la zone 5, de la surcharge progressive en musculation, etc. ?
  • Travailler l’équilibre, la proprioception ?
  • Améliorer la tolérance au CO₂ et les capacités pulmonaires. Buteyko et autres ?
    Continuer et pousser la diversification de la flore intestinale ?
  • Un programme de détox plus intense ?
  • Phospholipides, plasma marin, acides fulviques et humiques, PQQ ?

Si on revient faire un lien avec le concept des « holons » où chaque partie est intégrée dans la suivante et le fait que les phases sont probablement plus floues qu’on le pense, tout ce qui pourrait se retrouver dans les suggestions pour la CDR1 est valide et doit être intégré dans la CDR2. Même chose pour la CDR3 qui doit intégrer les suggestions des 2 premières.

En conclusion

En terminant, je dirais que la CDR n’est pas une baguette magique. C’est d’abord un cadre évolutif qui éclaire le métabolisme sous stress : du verrouillage glycolytique de la phase 1 jusqu’au remodelage tissulaire de la phase 3. C’est aussi une perspective qui est très naturopathique (vision globale et intégrée).

En espérant que ça a été le moindrement intéressant si vous avez vraiment lu jusqu’à la fin et que ça a pu avoir piqué votre curiosité au minimum et peut-être même ajusté un peu votre vision de la santé, de la vitalité et de vos clients.

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Rediffusion • 90 min

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